Arts Martiaux Coréens


Les arts martiaux coréens ne se limitent pas au Taekwondo. Il existe au pays du matin calme plusieurs disciplines originales, que l’on commence à découvrir.

Parmi les plus connues, le Taek Kyun, le Tang Soo Do, popularisé par CHUCK NORRIS, et l’Hapkido qui n’est pas, comme on pourrait le croire, une variante coréenne de l’Aïkido mais bien au contraire, un art tout à fait original.
Incursion rapide dans la jungle des arts martiaux coréens……

 

Le CHA YON DO ou CHA YON RYU

Certains considèrent le Cha Yon comme un style de Taekwondo, d’autres comme un art martial à part entière.
Le Cha Yon a été créé aux Etats-Unis en 1970 par Kim Pyung Soo. Né à Séoul, Kim commence par étudier le style Chang Moo Kwan sous la tutelle de Lee Nam Suk. De 1965 à 1968, Kim fut le premier correspondant coréen de la revue Black Belt.

En 1968, il reçoit le grade de ceinture noire 6ème Dan de la Koréa Taekwondo Association et s’installe aux Etats-Unis.
C’est là qu’il étudiera l’Hapkido et le Karaté japonais de style Shitô Ryû. En 1970, il reçoit le 7ème Dan des mains de Park Chul, de la Kangdu Kwon Mudo Association.
La même année il fonde le Cha Yon Ryu, qu’il définit comme un style naturel évolutif.

 

Le CHOI KWANG DO

Le Choi Kwang do est dans une situation semblable à celle du Cha Yon Do, considéré comme un style de Taekwondo ou comme un art martial à part entière. Le Choi Kwang Do a été créé en 1987 par Choi Kwang Jo. Né en Corée,Choi pratique d’abord l’ancien Kwon Pup avant de devenir, en 1961, le disciple de Choi Hong Hi.

En 1978, Choi Kwang Jo quitte l’International Taekwondo Fédération et entame l’élaboration de son propre système. il reproche au Taekwondo moderne, toutes tendances confondues (I. T. F. et W. T. F.), son manque d’efficacité sur le plan de l’autodéfense.
Le succès du Choi Kwang Do (la Voie de Choi Kwang) fut rapide, notamment aux Etats-Unis (où réside Choi), en Angleterre, en Australie, au Canada et en Nouvelle Zélande.

 

Le HWARANG DO moderne

Le Hwarang Do moderne a été créé en Corée en 1960 par Lee Joo Bang.
Ce dernier, ainsi que son frère Lee Joo Sang, aurait étudié l’art du Hwarang Do ancien (!) sous la direction du 57ème grand-maître, le moine bouddhiste Dosa Suahm. Selon cette hypothèse, le Hwarang Do ancien serait un art martial créé à l’époque des Trois Royaumes par le moine
bouddhiste Bopsa Won Kwang. A l’issue d’une vingtaine d’années d’entraînement, Lee Joo Bang hérite du titre de « 58ème grand-maître » et fonde la World Hwarang Do Association.
Les frères Lee s’installent aux Etats-Unis au début des années 1970.

La pratique du Hwarang-Do de Lee Joo Bang se décompose en quatre parties importantes :
Nae Gong (Force Interne)
Wae Gong (force Externe)
Moo Gi Gong (Travail des Armes)
Shin Gong (Puissance du Mental).

Elle inclut également l’acupuncture, la digipuncture et la recherche de facultés supra-normales.
Le disciple le plus connu de Lee Joo Bang fut Michael Echanis (1950-1978), auquel il avait transmis un art secret, le Un Shin Pup (parfois appelé Sul Sa?). Echanis était un « ancien » du 75ème Régiment des Forces Spéciales et instructeur de combat au corps à corps. Lee Joo Bang est actuellement assisté par ses fils, Eric et Henry Lee.

 

Le KUK SOOL WON

Cet art fut créé en 1961 par Su In Hyuk. Né en Corée en 1939, Su découvre l’art du
Koong Joong Mu Sool dès 1945 sous la tutelle de son grand-père,Su Myung Deuk.
Par la suite, il étudiera le Sado Mu Sool sous la direction deChoi Young Sool et le Buldo Mu Sool sous la direction de Nim Hai dong. Plus tard, encore, il complétera sa formation en Koong Joong Mu Sool, sous la tutelle de Wang Tai Eui.

En 1975, Su In Hyuk, aidé de Ken Ducan, fondent laWorld Kuk Sool Won Association, dont le siège est établi aux Etats-Unis à San Francisco.

 

Le KYUK KI DO

Le Kyuk Ki Do a été fondé aux Etats-Unis en 1973 parMin Kyung Ho (Min Ken).
Ce dernier étudia plusieurs disciplines, notamment le Taekwondo, l’Hapkido, le Judo, et le Kendo.
Il est titulaire du grade de ceinture noire dans chacune d’entre elles.

La version sportive du Kyuk Ki Do s’avère originale puisqu’elle autorise l’utilisation des techniques très diverses, issues des arts coréens mais également du Kung-Fu chinois, du Judo et du Karaté japonais. Les compétitions se déroulent en trois reprises de trois minutes, d’où le synonyme de « trithlon » pour désigner le Kyuik Ki Do.

 

Le SOO BAHK DO

Le terme « Soo Bahk » remonte à l’époque des Trois Royaumes. Le Soo Bahk Do, la « Voie du Soo-Bahk », a été créé dans les années 1950 par Hwang Kee.A l’époque, ce dernier avait déjà fondé le Tang Soo Do et son principal style, Moo Duk Kwan. Hwang Kee naît en Corée en 1917;
au début des années 30, il commence à étudier plusieurs disciplines coréennes, chinoises et japonaises.

En 1945, il fonde le Tang Soo Do et ouvre sa première académie, le Moo Duk kwan.
Deux ans auparavant, en 1943, avait eu lieu une tentative d’unification des différents arts martiaux coréens sous le terme général de « Soo Bahk ». Quelques années plus tard, après avoir fait évoluer davantage encore sa méthode, Hwang Kee décide de lui donner le
nom de « Soo Bahk Do » en référence à l’ancien Soo Bahk. En 1961 est créée la Korea Taekwondo Association. La Korea Soo Bahk Do Association, créée par Hwang Kee, en sera la concurrente directe.

A la fin des années 60, Hwang Kee s’installe aux Etats-Unis où le Soo Bahk Do compte actuellement plusieurs milliers de pratiquants.En France, le Soo Bahk Do est représenté depuis 1989 par les frères Choi Eui Jun (Jeong) et Choi Eui Sun, tous deux anciens disciples de Hwang Kee.

 

LE TAEKKYUN

Le taekkyun fait partie de la catégorie des arts martiaux pratiqués à  » mains nus  ».
Les coréens l’exercent depuis des temps primitifs et le considère comme la  » forme originelle  » de tous les arts martiaux pratiqués en Corée.

Avant le VIème siècle, la pratique du Taekkyun était principalement réservée a une caste dirigeante militaire. C’est avec l’unification de la péninsule, en un royaume unique, à la fin du VIème siècle, qu’en l’absence de conflits internes et d’agressions extérieures, le Taekkyun se démocratise et s’étend, entre le IXème et le XIIème siècle, à toutes les classes sociales.

Au XIIIème siècle, l’avènement de la prospérité et de la paix au royaume, fait perdre au Taekkuyun son côté guerrier au bénéfice d’une pratique populaire. A partir de 1920, sous l’autorité impérialiste japonaise, le Taekkyun fut interdit et sa pratique disparut complètement.
Ce n’est qu’en 1983, sous la Vème république, que le gouvernement coréen reconnaît le Taekkyun comme faisant partie de son patrimoine national. Heureusement, durant toutes ces années, un homme M. SONG Dok Ki (1893-1987), malgré la prohibition, continua à exercer cet art. C’est lui qui a sauvegardé l’usage et la pratique du Taekkyun.

Dès 1984, à Pusan, ville portuaire du sud-est coréen, le Taekkyun enthousiasme et fait de nouveaux adeptes, parmi eux, de grands maîtres sont formés.
On a souvent fait l’erreur d’assimiler le Taekkyun au Taekwondo , alors que ces deux sports sont différents aussi bien par leur apparence que par leurs techniques et les règles utilisées en compétition. L’énergie et la puissance du Taekkyun s’obtiennent par une harmonisation rythmée de flexions du genou et de mouvements élastiques de la taille.
Généralement, le Taekkyun s’exerce en poussant, le corps ou le visage de son adversaire, ou en le faisant chuter par des attaques aux jambes. Il est possible aussi, lorsque l’adversaire attaque, de lui crocheter ou pousser les jambes, afin de le faire tomber. Par contre, durant un match, r>
Durant un match de Taekkyun, l’une des règles de base, impose aux combattants de se déplacer, à proximité et face à son adversaire, par des mouvements de pieds cadencés, d’avant en arrière.
Ce qui permet, tout en se déplaçant, d’offrir la possibilité à son adversaire d’attaquer : c’est la particularité de ce sport.

Le Taekkyun n’est pas un sport de défense mais d’attaque. Lorsqu’un combattant est attaqué, il ne doit pas se défendre mais répondre par une attaque, (tout en gardant à l’esprit qu’il ne doit pas essayer de nuire à son adversaire).

Cette deuxième particularité est en conformité avec les caractéristiques et la culture coréenne: une combinaison de la bravoure des guerriers du nord, avec les valeurs de la vie communautaire paysanne du sud.

La philosophie du Taekkyun n’a pour dessein que de faire vivre et prospérer en harmonie, un ensemble de personnes. Le Taekkyun contribue ainsi, à la recherche de la paix et du bien-être humain.

 

Le TANG SOO

Le terme « Tang Soo » remonte à la période Sylla. Le Tang Soo Do, « Voie de la main chinoise », a été créé en Corée en 1945 par Hwang Kee. La première école (ou style) de Tang Soo Do fut le Moo Duk Kwan, créé à Séoul par Hwang Kee en 1945.

En 1955 certaines écoles de combat coréennes se regroupent sous l’appellation de « Taekwondo ».
Hwang Kee fait rapidement sécession. En 1961 estt créée la Korea Taekwondo Association.
Hwang Kee refuse d’y adhérer. Le Taekwondo et le Tang Soo Do entament alors un développement séparé, au plan coréen et international.

Aux Etats-Unis, les pratiquants les plus connus de Tang Soo Do sont Kim C.S., Richard Magdaleno, Ted Mason, David Praim et l’ancien champion du monde de Karate, Chuck Norris.
Kim C.S. découvre le Tang Soo Do en Corée sous la direction de Kim Song Ki.
Il ouvre ses premières écoles en 1969. Dix ans plus tard, à la demande de Hwang Kee, il s’installe aux Etats-Unis et fonde trois nouvelles écoles. Kim C. S. est connu pour avoir formé plus de 1000 ceintures noires. Richard Magdaleno, (1944- ) reçut sa ceinture noire de Hwang Kee en 1966.
Il est l’auteur d’un livre écrit en collaboration avec Yong Chung Wha : « Tang Soo Do ».
Ted Mason, (1938- ) découvre le Tang Soo Do en 1968 sous la tutelle de Donald Garrett, dont il reçoit la ceinture noire en 1967. Plus tard, Hwang Kee lui décernera le grade de troisième Dan et un diplôme d’instructeur. Ted Mason a introduit le Tang Soo Do en Argentine, avec l’aide de Roberto Villalba.

L’élève américain le plus connu de Mason est l’ancien champion du monde de Karaté ( light-contact et full-contact) Howard Jackson. David Praim enseigne le Tang Soo Do depuis 1963.
En 1970, il remporte l’American Moo Duk Kwan Champion ship. Parmi ses élèves se trouvent Eddy Everett et Johnny Lee. Chuck Norris est une des légendes vivantes des arts martiaux américains.
Il découvre le Tang Soo Do en Corée, lors de son service militaire, sous la direction de Shin Jae Chul.

Par la suite, il étudiera d’autres disciplines, notamment le Karaté et le Kempô. Entre 1964 et 1972, il remporte la plupart des grands tournois de karaté organisés sur le territoire américain.

Le Hapkido est un art martial coréen d’auto défense.

Il allie souplesse, harmonie, contrôle de l’équilibre et de l’énergie.
Il est composé de chutes et de projections, de multiples clés, de saisies et d’étranglements.
Il permet aussi l’assimilation de frappes directes sur les points vitaux avec les armes naturelles du corps.

Le Hapkido s’adresse à tout adulte qui désire pratiquer une gymnastique de santé tout en apprenant à se défendre, sans obligatoirement utiliser la force.
Il est adapté aussi bien aux femmes qu’aux hommes.

L’Hapkido correspond à un ensemble de techniques et connaissances en matière de contrôle sur les articulations du corps, les tendons, les ligaments et les muscles, sur les étranglements respiratoires et sanguins, ainsi que les frappes directes sur les points vitaux du corps, formant un système complet d’autodéfense pouvant s’adapter à n’importe quel art martial pour l’enrichir et le rendre encore plus efficace en autodéfense.

C’est aussi un art martial avec une éthique et une philosophie proche du Bouddhisme et du Confucianisme qu’il est possible d’aborder sans connaissance particulière dans les disciplines de combat.

 

Le Hapkido

 

Origine et esprit de l’Hapkido

 

Origine

L’Hapkido prend sa forme actuelle vers la moitié de notre siècle à l’initiative du maître Choi Yong Sool et résulte d’une synthèse entre le Yawara des samouraïs japonais et le Bi Sool coréen.
Étudié de façon diachronique, cet art martial laisse apparaître diverses influences.
Après études approfondies, nous vous proposons le schéma suivant :

Shaolin Chinna (Chine, 527 avant J.C.)  >>> Subak Gi Hwarang Kwon Bop (Corée, 3 royaumes)

Bujutsu Yamara (Japon, 10e siècle) >>> Yu Kwan Sool Hapkido (Corée, 1948)

 

Esprit

Littéralement : HAP signifie unir, concentrer, KI l’énergie vitale, cosmique, DO la voie et sa réalisation. Nous proposons donc « réaliser l’union des énergies ».
Il est à noter la similitude avec l’Aïkido japonais de maître Ueshiba, lui aussi adepte du Daito Ryu Aiki-Jutsu de maître Takeda.

Selon le concept asiatique, toutes entités vivantes sont énergies vibrantes et coexistantes sur des plans similaires ou différents. Étudier et comprendre ces énergies, les harmoniser afin de pouvoir les utiliser pour réaliser un équilibre physique, mental et spirituel entre l’homme et le cosmos, voilà le véritable esprit de l’Hapkido.

L’influence Bouddhiste et Confucianiste aidant, l’Hapkido possède une éthique similaire aux autres arts martiaux en ce qui concerne son utilisation pour le bien de l’humanité, basée sur les valeurs fondamentales d’humanité, de loyauté, d’honnêteté et de service envers la communauté.

 

Méthode et valeur de l’Hapkido

 

Méthode

L’Hapkido recouvre une immense gamme de techniques défensives ou offensives, de mouvements fondamentaux et de techniques de bases pouvant être apprises par n’importe quel pratiquant d’une discipline martiale ou par des débutants ne possédant aucune expérience dans ce domaine.
Ces techniques sont facilement assimilables grâce à une codification en diverses catégories :

  • se situer dans l’espace à travers l’acquisition d’un équilibre
  • se situer dans le temps à travers l’acquisition d’un rythme

Ce qui permet à l’adepte de s’adapter et de réagir en pleine possession de ses moyens à n’importe quelle éventualité.

 

Valeur

L’Hapkido est d’abord un excellent exercice corporel. Il crée un solide équilibre physique et nerveux, il maintient une grande souplesse des articulations, il développe des réflexes prompts et sûrs.

Il peut être pratiqué par tous et à tout âge, par des débutants aussi bien que par des sportifs confirmés et même par des handicapés.

De plus, l’Hapkido induit un comportement qui développe des qualités indispensables tant en morale individuelle qu’en éthique sociale, aussi bien dans la vie professionnelle que relationnelle.

L’Hapkido enseigne le contrôle de soi – excluant ainsi l’agressivité, les réactions violentes, les comportements provocateurs – et le respect d’autrui que commande la vigilance bienveillante et le souci permanent de l’autre et même de l’adversaire, et présente l’avantage de mettre en
œuvre des moyens qui ne contredisent pas son but : L’amour et la préservation de la vie.

Le Hapkido est officiellement reconnu par l’Etat, puisqu’il est structuré au sein de la Fédération Française de Taekwondo et Disciplines Associées (FFTDA) au sein de la « Commission Hapkido ».

Les formations sont assurées par un Conseiller Technique National (CTN),
M Philippe PINERD et quatre délégués Technique Régionaux (DTR).

 

Le Hapkido à été popularise par: Le Grand-maitre Ji Han Jae (Fondateur du Sin Moo Hapkido) que vous retrouvez ici en photo à la fin du film « Le Jeu de la Mort » avec Bruce Lee

Renseignements complémentaires

MOLLE Alain – Comité des Pays de Loire

ou

Philippe PINERD (CTN) : 06 13 61 90 84 ou fax: 05 61 55 49 13
e-mail : hapkido@fftda.fr

Yves ROBERT (président de la commission Hapkido) tél : 06 61 84 28 07
E-mail : commission.hapkido@fftda.fr