L’enseignement du Taekwondo chez les enfants


L’objectif de cet article est de mettre en évidence quelle méthode traduit au mieux les qualités éducatives que véhicule l’enseignement du Taekwondo.

Eduquer, c’est faire acquérir à l’élève, un savoir qu’il pourra réinvestir en dehors de son contexte d’apprentissage (du dojang dans notre cas).

En temps que entraîneur de taekwondo depuis plusieurs années, je me suis très tôt intéressé aux caractéristiques éducatives de certaines méthodes d’enseignement autres que celle employée en taekwondo. Comme vous pourrez le lire, la méthode dite traditionnelle d’enseignement en taekwondo, est à mes yeux en grande partie inadaptée aux enfants par exemple (ils représentent 50% de l’effectif de la fédération). Mon objectif consiste donc à reconsidérer l’enseignement de ce sport très noble et techniquement très riche à travers une méthode que l’on caractérisera de globale (Plus exactement : Situationnelle).

 

Rappel : La méthode traditionnelle

L’enseignement du taekwondo s’organise selon 3 axes :

  • Le kibon
  • Le Poomsae
  • Les assauts conventionnels

Le modèle d’apprentissage est : démonstration – observation – application

La logique interne du taekwondo étant le combat.

En résumé :
1ère Etape :L’enseignant démontre au mieux une technique (mise en évidence de ses qualités de pratiquant), l’élève observe et répète cette technique en mimant l’essentiel de ce qu’il a retenu: c’est le Kibon.
2ème étape :Lorsque le nombre de technique est suffisant, elles sont enchaînées d’une façon imposées dans ce que l’on appelle un Poomsae.
3ème étape : L’enseignant extrait une séquence tactique répertoriée ou non dans ce Poomsae et la met en situation avec un ou plusieurs partenaires. Ce sont les assauts conventionnels.

Cette chronologie en 3 étapes, représente la structure du cours ou d’un ensemble de cours dans le cadre d’un programme d’entraînement en taekwondo selon la méthode dite traditionnelle.

Si elle s’accommode relativement bien à un public adulte, elle est par contre limitée sur le plan éducatif chez les enfants, parce que la part de tâtonnement est absente des étapes 1, 2 et apparaît seulement en 3.

 

L’apport des méthodes globales

Ces méthodes mettent d’emblée les élèves en situation, afin qu’ils découvrent et s’approprient de façon empirique et expérientiel les savoirs que l’enseignant cherche à transmettre. Ces savoirs ne sont pas obligatoirement des techniques, ils peuvent être des comportements ou des aptitudes à développer (Ce que ne conçoit pas la méthode traditionnelle). La pédagogie par résolution de problème par exemple permet de créer des exercices où les élèves doivent chercher une solution non inscrite d’emblée dans la situation d’apprentissage (La solution n’est pas imposée comparativement au principe traditionnel).

Au final, d’une part, la solution est l’objectif à atteindre et d’autre part, c’est l’expérience acquise pour trouver la bonne réponse qui revêt un caractère éducatif (Remarque : Dans un environnement techniciste comme le Taekwondo, la solution à un problème peut être à terme une technique : « Pour ne pas être touché sur le dessus de la tête, je place mon avant bras entre le bâton et sa cible »).

Les propriétés « situationnelles » que l’on trouve aussi dans les assauts conventionnels ne suffisent pas à confronter les élèves à la logique de tâtonnement propres aux approches globales, parce nécessitant trop de critères de réalisation technique à acquérir au préalable. Ils sont certes pour les débutants des outils d’acquisition technique (qui deviendront par la suite des outils de perfectionnement tactiques) mais ils ne favorisent pas de façon explicite l’acquisition objectifs de type : acceptation de l’affrontement, gestion de ses émotions (Auto régulation), etc.

Cependant le combat qui représente, il ne faut pas l’oublier, la logique en soi du taekwondo, n’est pas abordé avant plusieurs mois ou années d’apprentissage : Voir jamais (discordance des représentations).

Pour résumer : Le tâtonnement, c’est à dire la gestion de ses erreurs et de ses réussites en vue de trouver la solution posée par la situation d’enseignement, permet à l’élève de comprendre ce qu’il fait, puis de créer des stratégies d’apprentissage (Il apprend à apprendre). Au final, il devient acteur plutôt que spectateur (cf/Modèle traditionnel).

 

Conclusion

Rien n’empêche à plusieurs méthodes de cohabiter, bien au contraire. Certaines sont tout simplement plus appropriées en fonction des objectifs du moment ou des caractéristiques des élèves (enfants, ados, adultes). Le but n’étant pas d’en privilégier une au dépend de l’autre mais de les utiliser de façon cohérentes.