Violence et vengeance


Durant les cours de taekwondo, nous demandons aux enfants de se maîtriser en toute circonstance. Cela se traduit par l’interdiction de toute parole ou geste agressifs, qu’ils soient spontanés ou en réponse à une agression.
Certains enfants et même des parents se sont émus de cette exigence : « Il doit donc se laisser frapper ou insulter sans réagir ».

La plupart des gens s’accordent dans le désir de voir cesser la violence qui nous environne quotidiennement. Cependant, l’honneur, la justice ou la virilité sont souvent évoqués pour justifier la vengeance bien qu’elle soit, à l’évidence, une escalade qui ne cessera qu’avec la suprématie du plus fort.

Accepter cette solution conduite inévitablement à une lutte incessante où la majorité subit les brimades des individus irascibles, lesquels rencontreront bientôt celui qui les matera. Au bout du compte, tous souffriront.

L’art martial propose de créer un monde de paix fondé sur l’amour d’autrui et la tolérance. C’est pour cela qu’aucune violence n’est concevable au dojang.
Certains enfants n’ayant pas correctement assimilé les règles du dojang (souvent de nouveaux inscrits) manifestent des comportements bagarreurs.
La victime, au dojang comme le citoyen dans la vie civile, ne doit pas se faire justice elle-même. Il appartient à l’autorité (au dojang, le professeur ou un dirigeant) d’éduquer ou de sanctionner le fautif. Solliciter l’aide des responsables ne constitue pas une délation ; au dojang, c’est faire valoir son droit à s’entraîner dans la quiétude, ce qui est légitime. Voilà pourquoi nous demandons aux enfants de ne pas se venger, mais de s’adresser à un responsable pour régler les différends éventuels qui pourraient survenir dans le cadre des entraînements.

Afin d’assurer la sérénité nécessaire à l’entraînement, le règlement intérieur du dojang prévoit des sanctions applicables aux contrevenants (suspension ou renvoi). Nous n’hésiterons pas à les appliquer si cela s’avère utile.