Le Taekwondo au lycée


Les objectifs et finalités de l’EPS

Les enseignants d’EPS ont la charge de poursuivre par la pratique d’APSA ces objectifs :

  • Le développement des capacités (ressources) nécessaires aux conduites motrices et à leur efficacité.
  • L’acquisition de connaissances et compétences spécifiques relatives aux APSA.
  • L’accès aux connaissances et compétences relatives à la gestion et à l’entretien de sa vie physique, tout au long de la vie.

Nous retiendrons également le quatrième objectif dans le cadre d’une pratique optionnelle :

  • L’engagement dans une voie de spécialisation par approfondissement de la pratique d’une ou plusieurs APSA

Ces objectifs concourent à atteindre la finalité de l’EPS :

  • Former, par la pratique d’APSA, un citoyen cultivé, lucide, critique et autonome dans ses pratiques et la conduite de sa vie corporelle.

 

Le taekwondo: pratique sociale et diversité

Le Taekwondo est apparu tardivement en France en comparaison au Judo (apparu avant la seconde guerre mondial) et au Taekwondo (lancé dans les années 50). Il a été introduit à partir de 1969 par Maître Lee Kwan Young 9eme Dan TKD, fut chargé par la fédération coréenne de développer le « Taekwondo coréen « en France .Il fut sélectionné à la suite d’un concours national et de faire face à la rude tache de pionnier de cette discipline sans connaître un mot de français.

Trente ans, plus tard, notre pays compte environ 40 000 licenciés répartis dans plus de 500 clubs. Le développement du Taekwondo a été plutôt long et mouvementé, dû à la tutelle imposée pendant longtemps par la Fédération française de Taekwondo (la FFKAMA fut crée en 1976 Le taekwondo étant une des disciplines affinitaires de la FFKAMA. A maintes reprises, le Taekwondo français a essayé d’échapper à cette tutelle (création de la FFTKD en 1978) mais sans grand succès.

En 1993, Mikaël Melloul a été le 1er français à décrocher le titre suprême de champion du Monde des mi-lourds au Madison Square Garden ( New York) La reconnaissance du Taekwondo comme discipline officielle aux JO lors du congrès di CIO en 1994, entraîne la création d’une fédération de Taekwondo indépendante l’année suivante .

Cette décision a permise au Taekwondo de prendre son essor. En 1997, la FFTDA intègre des disciplines affinitaires Hapkido, Tang Soo Do …) et son président , le docteur Paul Viscogliosi devient membre du comité exécutif de la WTF . La FFTDA depuis sa création connaît une progression régulière et constante du nombre de ses licenciés.

Le Kibon (techniques dans le vide), le Poomsae (enchaînement établi de techniques codifiées), et le Kirougui (travail d’opposition) de mode d’apprentissage sont devenus la clé de voûte du travail traditionnel.

De même la progression technique s‘est hiérarchisée et les ceintures colorées. Mais les notions associées telles que le respect, l’efficacité et le contrôle de soi sont et restent des files conducteurs à la pratique du Taekwondo. Le Taekwondo sportif est un aspect particulier du Taekwondo lié à l’engouement par l’affrontement sportif (codifié, réglementé, symbolisé) accru depuis la 2éme moitié du XXeme siècle. Le Taekwondo sportif sorte  » d’escrime des pieds  » où l’addition de contacts techniquement correctes donne la victoire.

Le Taekwondo : Ensemble de techniques de défense à main nue basé sur la percussion contrôlée, par l’utilisation et la coordination de tout le corps.

Le Taekwondo sportif : Activité sportive de contact axée sur la touche pieds et poings, dans une logique de gain de points.

Le Taekwondo-Do : Recherche spirituelle de l’harmonie interne et externe par la pratique du Taekwondo.

 

Traitement didactique et pédagogique

Les Activités Physiques de Combat

Comme les autres activités physiques de combat (APC) les notions de gestion de l’adversité, prise d’information et de décision sont développées, ainsi que la maîtrise des facteurs émotionnels comme la connaissance de soi et le respect d’autrui.

L’éthique et la symbolique du combat doivent permettre de comprendre que l’affrontement physique n’est qu’un prétexte à la gestion de l’adversité et qu’il contribue à la formation de la personnalité.

La performance se mesure à la fois par l’efficacité et la maîtrise technique.

La maîtrise technique ayant un rôle important en Taekwondo.

Le Taekwondo : L’ensemble de référence retenu est axé sur la construction de la gestion attaque défense en y associant le savoir technique comme moyen nécessaire.

Les combats :
Kirougui : Taekwondo-sportif

Le TAEKWONDO
Self-défense / Art martial
La technique :
Kibon , Poomsae

Trois aspects sont à prendre en compte au regard des objectifs éducatifs :

  • La dimension culturelle : les rituels du Taekwondo ; les termes coréens, les arts martiaux d’extrême Orient, sa création et son évolution, les Poomsaes, les compétitions (règles, arbitrage).
  • L’acquisition de compétences spécifiques : les techniques de blocages, d’esquives, et de contre-attaque ; la motricité du Taekwondoist ; la gestion des distances ; la maîtrise émotionnelle.
  • L’entretien et la gestion de sa vie corporelle : travail d’entretien musculaire, coordination, équilibre et dissociation segmentaire ; méthodologie de l’entraînement physique.

Le traitement didactique réalisé permet d’adapter l’enseignement aux finalités éducatives et aux contraintes scolaires.

Logique interne : activité d’opposition directe en percussion contrôlée fondée sur la défense et la maîtrise technique. La tenue spécifique le Dobok. Dans sa composante sportive, l’affrontement se matérialise par la touche pieds et poings, selon un code défini respecté et arbitré afin de préserver l’intégrité physique des pratiquants. Le temps est limité, la surface définie.
Problèmes fondamentaux : une motricité spécifique ; le contrôle émotionnel et affectif contrôler ses actions du non contact au contact, combiner défense et contre-attaque ; gérer différentes distances (de garde, de combat) ; l’apprentissage technique lié à l’utilisation de différentes parties des membres dans une logique de rapidité, de force et d’efficacité.
Enjeux de formation: (« ce que les élèves-pratiquants ont à y gagner ») :

  • Acquérir une maîtrise corporelle axée sur la dissociation segmentaire, la coordination musculaire et les « mises en tensions-réactions ».
  • Maîtriser son corps dans l’espace, sur des temps d’action courts, précis et rapides.
  • Contrôler la projection de ses membres, supérieurs et inférieurs, droits et gauches.
  • Connaître ses possibilités de réaction pour anticiper.
  • Evaluer un rapport de force, et connaître la « zone de danger ».
  • Différencier sport de combat, art martial, self-défense, et Taekwondo-Do.
  • S’enrichir d’un panel technique propre au Taekwondo.

Construction didactique des séances et mise en situation pédagogique :

Le Taekwondo Sportif sera traité de la même manière en insistant sur les axes de formation suivants :

  • La gestion du rapport de force : lecture de l’adversaire et prise de décision.
  • La maîtrise technique : gestion des distances et des déplacements. Ainsi qu’un travail spécifique de techniques individuelles notamment pour les compétiteurs.
  • La maîtrise de soi : émotionnelle et technique.
  • Les règles et l’arbitrage.

Les axes de formation issus de cette transposition didactique, pour les élèves, permettent de viser les objectifs et finalité énoncés précédemment.

SITUATION DE REFERENCE
(Situation de résolution de problème ou problème ouvert)
[Ex : comment bloquer une attaque de poing AV au visage ?]

Et/ou

THEME DE TRAVAIL

[Ex : le Apkoubi: Vous devez donner une tape sur l’épaule de votre partenaire en ne pouvant bouger qu’un pied (départ, hors distance de bras)]

SITUATION d’APPRENTISSAGE,

En opposition aménagée.

Phase fonctionnelle, et émotionnelle.

[Ex : attaque et niveau connus ; position définie…]

SITUATION d’APPRENTISSAGE

En coopération. Duo, phase technique.

[Ex : Tchong subit et vérifie la position de Hong sur eul goul jileugui] Mise en perspective technique et proprioceptive : [ex : Kibon et Poomsae]

 

Et pourquoi pas le taekwondo en option ?

L’articulation théorie pratique peut être définie comme suit :

  • Cours théoriques : – Anatomie et physiologie. – L’histoire et évolution du Taekwondo. – Règles du Taekwondo sportif.
  • Cours pratiques : – cours de Taekwondo et Taekwondo sportif.

L’évaluation s’articulera autour de la gestion d’un combat aménagé, ainsi que la maîtrise technique permettant de répondre à l’opposition. La voie de l’approfondissement prend ici tout son sens.

Bibliographie : -BO, août 200 et 2001, l’EPS au Lycée.
-« Enseigner les APS », Vigot, 1999, P.Seners.
-« Les APC en EPS »,FPC, FPC EPS Amiens, D.Lantz, 2001.
-« Pédagogie de l’EPS et didactique des APS enjeux et objectifs », AFRAPS, G.Bui-Xuan, 1989.
-« Faire vivre de véritables situations-problèmes », Hachette, G.DE Vecchi, 2002.
-« lecture adaptative de l’élève », M.Calmet, Faculté des Sports Amiens, 2000.

 

Les activités de combat et le lycéen

(Extrait des programmes EPS pour le Lycée en introduction à l’activité Judo : Socle commun)

Les activités physiques de combat contribuent à développer chez l’élève les notions d’autonomie, de prise de décision et de gestion de l’adversité. Elles permettent l’acquisition de techniques particulières et renforcent le sentiment de confiance en soi. La maîtrise des facteurs émotionnels améliore la connaissance de soi et des autres par la connaissance des formes de lutte (judo, lutte gréco-romaine, luttes folkloriques, etc.) ou des formes de boxe (boxe française, boxe anglaise, taekwondo etc.).

Dans l’apprentissage de ces activités, la valorisation de l’éthique donne au respect des lieux et des personnes une position centrale qui s’oppose aux comportements agressifs et à la violence.

L’expérience vécue de la confrontation physique permet à l’élève d’exprimer sa volonté de vaincre dans le cadre de règles et de codes communs qui garantissent l’équité et la sécurité de chacun ; ces pratiques associent l’affirmation de soi et le respect mutuel.

Leur spécificité réside dans les situations d’opposition qu’elles organisent et dans les ressources affectives, cognitives et relationnelles qu’elles sollicitent.

En fonction des contextes, des intentions et du projet de l’élève, l’enseignant peut envisager l’apprentissage du judo ou d’autres activités de combat selon des modalités distinctes en privilégiant, selon son choix :

  • une dimension compétitive définie par la réalisation d’une performance dans le cadre d’un règlement sportif connu et accepté.
  • une dimension liée à la maîtrise personnelle : la complexité et la diversité des éléments techniques et tactiques, le contrôle de soi et la dimension culturelle sont alors au centre des apprentissages et des connaissances à acquérir.
  • une dimension liée à l’autodéfense : l’aspect utilitaire fait appel à la fonction originelle des techniques dans le but de développer chez l’élève la confiance et le contrôle de soi autant que le respect des règles et des personnes.


Plus qu’une pratique individuelle, le judo, comme tout sport de combat, est avant tout une pratique de groupe qui, sous le prétexte de l’affrontement, attache une attention particulière aux comportements sociaux. En veillant à la variété des partenaires et des adversaires, l’enseignant permet à l’élève de faire l’apprentissage des différences individuelles.

Se dépasser pour combattre quelqu’un de plus fort que soi, se maîtriser face au plus faible, donnent à chacun les moyens d’une expérience vécue de la tolérance et du respect de l’autre. L’histoire et la culture propres aux activités de combat montrent l’interdépendance de ces modalités de pratique.

Par conséquent, et bien que l’évolution sportive renforce la différence des tendances, il importe que celles-ci soient considérées de manière complémentaire et non exclusive, en particulier durant les cycles d’initiation et de perfectionnement qui sont proposés au collège puis au lycée.