Les 3 phases de l’apprentissage


Décrites par LeBouch dans « Vers une science du comportement humain ».

La phase Exploratoire

Capitale pour la compréhension de la situation, elle correspond à l’approche globale et au tâtonnement expérimental (essais/erreur).
Le tâtonnement compte plus que le résultat – c’est le tâtonnement lui même qui est éducatif —-> il est un expérience motrice (selon Azemar).
Remarque didactique :
C’est une phase essentielle que l’on a tendance à escamoter au profit de la reproduction d’un modèle, d’une norme (surtout en Taekwondo) – voir article sur les limites éducatives de la méthode traditionnelle.

La phase de dissociation

Après les essais et les erreurs, le pratiquant cherche l’information :

  • Représentation mentale
  • Compréhension
  • Intériorisation

Remarque didactique :
L’enseignant peut alors expliquer.

La phase de stabilisation

C’est la phase d’automatisation de l’acte moteur. Les automatismes dans ce type d’apprentissage sont libérés et plastiques (adaptables) —-> la vigilance corticale (sur le plan cérébral) est toujours en mesure de permettre le remaniement des détails propre à l’acte moteur enseigné ceci dans la mesure où les moyens d’acquisition ont fait appel à la représentation mentale et l’intériorisation de cet acte moteur :
Il y a création d’automatisme ouvert.

Didactique :
Au delà de l’automatisme se trouve le stéréotype, car une structure tellement rigide que toute correction devient impossible. En d’autres termes si l’élève est embrigadé dans une structure d’entraînement trop rigide, où les gestes sont le reflet de modèle répondant à des normes d’exécution strictes (C’est comme fait le maître et pas autrement), vous avez plutôt intérêt en tant qu’enseignant à ce que l’élève ne stabilise pas l’apprentissage d’erreurs sous peine de ne plus pouvoir les corriger par la suite. Ceci pose toute la problématique de l’enseignement des arts martiaux au regard du concept de technique évoqué plus haut. La course au grade, ou l’augmentation du niveau d’exigence des compétitions poomsés sont des facteurs de risque et d’échec. En escamotant la phase exploratoire qui permet au sujet par la suite d’aller progressivement vers celle des dissociassions, l’élève n’a pas la possibilité de faire référence à son expérience propre (tâtonnement) – il ne s’approprie pas les objets d’enseignement, ils lui sont imposés, au même titre que les erreurs qu’il commet. A défaut de penser que pour qu’un cours soit un bon cours il faut des élèves sérieux, silencieux simulant une hyper concentration, on en oublie que pour apprendre, une séance bruyante (mais pas anarchique) est parfois plus optimale en terme d’acquisition des apprentissages (je ne parle pas de perfectionnement – il faut d’abord acquérir avant de perfectionner).