La théorie du bruit


Le bruit, c’est l’écart entre les effets du stimulus dé-organisateur et les possibilités de l’organisme apprenant.

« L’auto organisation, c’est la possibilité de réduire cet écart »

Le bruit est dé-organisateur.

Plus l’auto organisation est forte, plus le système est autonome ; cf/ Edgard Morin

Lorsque le bruit est intégré, le système devient plus complexe ; cf/ H. Atla : Ecole de la systémique de Monod ; Genève.

Il existe 3 moyens de se défendre contre le bruit :

  • Avoir des automatismes (par la répétition)
  • Avoir de bonnes possibilités de régulation des ces automatismes (reproduire ces automatismes dans des situations décontextualisées)
  • Avoir une bonne fonction organisante : c’est à dire être capable de réorganiser le bruit en une structure organisée.

(le bruit a une valeur pédagogique très intéressante)

L’erreur est toujours la manifestation d’un désordre. Plus on désorganise, plus le sujet doit décider —-> exemple : le jeu, le combat.

« La fonction de désordre est une fonction pédagogique »

La décision est un phénomène identique. Elle est une mise en ordre qui est à l’interface :

  • Du milieu : désordre—->ordre : choix des possibles
  • de l’individu : qualité des choix.

 

Didactique

La théorie du bruit a fait coulée beaucoup d’encre, mais l’essentiel de ce qu’il faut en retenir est qu’elle représente une fonction pédagogique sur lequel l’enseignant doit s’appuyer.

Qu’est ce que le bruit en réalité dans le domaine de l’enseignement? Ce sont par exemple toutes les informations (couleurs, sons, choses, odeurs, partenaires, consignes, etc..) qui nous sont envoyées par notre environnent proche. Que percevons nous de notre environnement ? Seulement ce que l’on décide de voir. Nous sommes tellement submergés d’informations que nous ne pouvons pas simultanément toutes les percevoir : nous les filtrons et n’en retenons qu’une quantité limitée.

L’enseignant devient un générateur de bruit supplémentaire et spécifique. Une situation d’apprentissage qu’elle semble bien ordonnée ou pas généré de toute façon du bruit que l’élève doit réorganiser (Il doit réorganiser sa motricité au regard des exigences de la consigne).

Lorsqu’un enseignant fait une démonstration, il émet un ensemble de signaux visuels et auditifs que l’élève n’appréhende pas forcément dans sa globalité (Celui-ci sélectionne essentiellement les informations qui lui semble possibles de traiter- En somme, il décide seul de ce qui est bon pour lui). 2 élèves différents ne percevront donc pas les mêmes informations émises par l’enseignant et ne seront pas en train de résoudre le même problème même si la situation est identique.

Le jeu a une fonction désorganisatrice très intéressante. La quantité d’information varie sans cesse et est d’autant plus perturbatrice qu’il y a des contraintes à résoudre et de partenaires à prendre en compte.

Pourquoi la fonction de bruit est-elle intéressante dans le domaine de l’enseignement? Elle permet de comprendre certaines erreurs commises par l’élève – Rappelez vous : la capacité de rétention mémorielle est limitée (de 4 à 8 octets en fonction de l’âge). Il ne faudrait pas que l’enseignement de notre eulgoul maki en Ap koubi sogui devienne :

  • avoir la jambe arrière tendue en début et en fin d’action
  • Super le dobok du prof au lieu de plier la jambe avant
  • ne pas avoir les 2 pieds sur la même ligne
  • j’ai soif au lieu de pointer les pieds vers l’avant
  • se tenir droit
  • qu’elle heure est-il? au lieu de armer les bras
  • réaliser correctement le chemin moteur des bras
  • réaliser correctement le chemin moteur des jambes
  • penser a l’armement hanche
  • penser au placement des bras en fin d’action
  • Etc…

En plus de la pertinences et la quantité des informations à émettre vers l’élève, celui-ci doit de surcroît percevoir et n’en retenir que les bonnes (il doit éliminer les informations non pertinentes au regard de la situation d’apprentissage). C’est toute une éducation : apprendre à apprendre. Le Taekwondo s’inscrit parfaitement dans cette logique éducative qui servira l’élève au delà du simple apprentissage des arts martiaux mais pour tout processus d’apprentissage : des maths et du reste par exemple.

Plus l’élève aura acquis la capacité à réorganiser son environnement en vue de ne retenir que les informations qui lui sont à la fois pertinentes pour lui et pour l’enseignant, plus il sera autonome et capable de s’intégrer dans une précession d’enseignement plus complexe.