Introduction


S’exprimer devant un groupe

Le but de cet article est de vous soumettre quelques techniques sur la façon de prendre la parole face à un groupe d’élève, mais aussi la façon de se placer et d’interagir avec ce groupe plus ou moins jeunes, afin de réussir au moins une chose : Etre entendu et peut-être compris et cela quelque soit la pertinence de vos commentaires.
Les quelques exemples que je vous propose sont à la fois issus :
– d’un certain nombre d’ouvrages qui au bout de quelques centaines de pages en arrivent à des conclusions qu’un seul paragraphe aurait suffit à expliquer.
– de mon expérience de terrain en tant qu’enseignant.

 

Etre vu pour être entendu

Ceci n’est pas une banalité, mais les oreilles ne suffisent pas à entendre. L’élève attentif est celui qui regarde avec intérêt son professeur. Mais que doit-il regarder lorsque celui-ci ne démontre pas et ne fait qu’expliquer? Votre bouche tout simplement.

Conséquences : Lorsque je regroupe mes élèves, je les fais s’asseoir à un endroit précis que je désigne (Souvent à l’endroit même où je me situe à ce moment là) puis je RECULE de 2 à 3 pas de façon à avoir une vision panoramique du groupe. Aucun élève n’étant derrière moi.

Voir pour être entendu

Une fois que les élèves me regarde et plus précisément, regarde ma bouche, c’est à dire qu’il me regarde parler, je n’ai alors aucune difficulté à scanner du regard leurs yeux afin de m’assurer de toute leur attention.
En somme, je m’exprime tout en « évaluant du regard » leur degré d’attention (Je les regarde me regarder).

Ne pas endormir son auditoire

Vos élèves sont là pour pratiquer, non pas pour vous entendre étaler votre savoir. Excusez moi cette brutalité, mais limitez vos commentaires à la raison pour laquelle vous leur demandez de vous écoutez.
C’est à dire : Expliquer une consigne, corriger une erreur commune, faire un bilan de façon à permettre à vos élèves de récupérer d’un exercice intensif.

A défaut, vous perdrez vite en crédibilité et chaque moment dédié à vos explications sera vécu comme un moment d’ennui (Affect négatif sur votre prise de parole).
Petite expérience : Chronométrez vos temps de parole et comparez le au temps de pratique de vos élèves au sein d’une même séance.

Stimuler l’attention de vos élèves

Il n’y a rien de plus efficace pour endormir son auditoire que de parler d’un voie douce, lente et monocorde (ou monotone). Une évidence, n’est-il pas? Mais lorsque l’on est de l’autre coté, c’est à dire du coté de celui qui s’adresse au groupe, quand est-il?

Captiver un groupe, c’est éviter de se répéter (de paraphraser), c’est trouver les mots juste tout de suite (facile à dire 🙂 et surtout VARIER de tonalité tout en scannant les regards de vos élèves.
Exemple : Lorsque je m’adresse au groupe, plutôt que d’interrompre mes explications afin de reprendre un élève qui me LACHE du regard, d’un seul coup, je monte « le son » un bref instant (effet de contraste) comme pour REVEILLER l’élève qui ne m’écoute à priori plus (Ceci est une technique largement employée dans les publicités audiovisuelles).

Varier la tonalité de votre voie ne veut pas dire « crier ». A l’inverse parfois, je fais exprès de parler moins fort que l’instant précédent de façon à vérifier si mes élèves sont à ce point attentif qu’ils en froncent les sourcils (Effet de contraste une fois encore).

 

L’art d’agacer son auditoire

« EUH, lorsqu’HEU, le partenaire fait Baro Jilougui, EUH, vous faîtes HEU, Olgoul, Montong OK, c’est bon, D’ACCORD vous voyez ce que je veux dire EUH, D’ACCORD, OK, BON BEN EUH, OK, c’est bon allez y… »
Vous ne bagaillez certes pas et pourtant vous alignez tous les 3 mots une interjection (HEU, OK, D’ACCORD, etc…) marquant souvent le doute, l’hésitation, l’embarras, le besoin inconscient de vérifier si vos élèves vous comprennent ou apprécient votre discours, etc..

Ceci est une erreur connue, une erreur de débutant. Quoiqu’il en soit, il semble que le simple fait d’en être conscient suffit à corriger cette façon de s’exprimer en public.

Craindre la prise de parole devant un auditoire

Une sensation de nausée, de vertige, le trac tout simplement? Rien de bien nouveau et pourtant, il va falloir contourner ce pénible désagrément le temps de vous y faire.

1ère technique : Ne pas demander à vos élèves de vous regarder pendant que vous parlez mais d’observer la démonstration que vous demandez à 2 élèves de faire à votre place (Utile pour corriger ou mettre en évidence les erreurs à ne pas commettre). Démonstration que vous commentez tout en regardant vos élèves démonstrateurs et observateurs. Dans ce cas, vérifiez que les observateurs sont bien en train de regarder les démonstrateurs.

2ème technique : Lorsque vous vous exprimez, appuyez vous sur les regards approbateurs de certains de vos élèves. Et fixez votre attention uniquement sur eux. Ne regardez pas les autres. Cette technique connue dans le domaine des stratégies de communication est efficace. Elle rompt certes avec les techniques proposées en ce début d’article mais elle a l’avantage d’apporter un début de réponse à tous ceux qui ont des vertiges à la simple idée d’avoir à s’exprimer en public.

 

Cet article ne vous a rien apporté

Tant mieux 🙂

 

La notion de perfectionnement en Taekwondo

Il est possible de concevoir 2 conceptions de la notion de perfectionnement en Taekwondo. L’une que je qualifie de pédagogique parce que plus en rapport à une interprétation didactique de l’activité, l’autre que je qualifie de traditionnelle parce que plus en rapport à une conception culturelle du Taekwondo.

Conception pédagogique du perfectionnement

Le perfectionnement ne s’exerce que sur des acquis.

Au regard de la nature de l’activité Taekwondo et de ses enjeux (cad ceux développés par sa méthode d’enseignement), les 1ers apprentissages portent sur l’acquisition des critères de réalisation technique (Critères Posturaux et gestuels) : Le modèle traditionnel d’enseignement du Taekwondo prévoit d’abord que l’élève apprenne à réaliser une technique sur le plan gestuel avant d’apprendre à s’en servir. Conséquence : Enseigner la gestualité d’une technique n’est pas de l’ordre du perfectionnement et ceci quelque soit le profil de cette technique (De base ou avancée, cad en référence aux Pommsae de base ou supérieurs).
Pour affiner la compréhension du seuil de perfectionnement (cad, cerner la frontière entre 1ere acquisition et perfectionnement), il est nécessaire de définir sur le plan pédagogique, la notion de technique en Taekwondo.

Définition de la technique

Une technique en Taekwondo est une action mettant en jeu un certain nombre de principes d’action visant à résoudre un problème lié à l’opposition avec un ou plusieurs partenaires.
Une technique en Taekwondo est la gestion simultanée des principes d’action suivant : La vitesse, la distance, la précision et le respect des critères de réalisation gestuelle. Dans le cas des techniques de pied, l’équilibre est un principe d’action supplémentaire qui vient s’ajouter à cette liste.

Cette définition englobe tous les paramètres de réalisation d’une technique en Taekwondo. Même si la stabilité par exemple est un principe d’action que l’on peut identifier dans certaines techniques, elle ne l’est pas pour toutes les techniques de Taekwondo.
Où se situe le seuil de perfectionnement au regard de cette définition?
Rappel : « Au regard de la nature de l’activité Taekwondo et de ses enjeux (cad ceux développés par sa méthode d’enseignement), les 1ers apprentissages portent sur l’acquisition des critères de réalisation technique (= 1 des principes d’action intégré dans la définition ci-dessus) »

Le seuil de perfectionnement se situe donc après cette première acquisition, c’est à dire une fois que les critères de réalisation gestuelle des techniques sont acquis (Chemin moteur des bras ou des jambes, placement du corps, configuration gestuelle et posturale du mouvement).

En d’autres termes, le perfectionnement débute dès lors que la technique est mise en situation, c’est à dire COMBINEE aux autres principes d’action : La vitesse, le distance, la précision + l’équilibre pour les techniques de pieds.

Les assauts conventionnels sont les outils de perfectionnement technique par excellence (Consultez la rubrique analyse des sujets si rapportant) puisqu’ils favorisent une mise à l’épreuve progressive des techniques acquises sur le plan gestuelle. Le Kibon quant à lui est l’outil idéal pour les acquisitions gestuelles. Le Pommsae pour sa part se situe entre le Kibon et les assauts conventionnels puisqu’il est un outil d’acquisition technique chez les débutants et de perfectionnement pour les autres (Répertoire tactique).

Conception traditionnelle du perfectionnement

Selon cette conception, la logique est plus simple et radicale : Tout ce qui dépasse le stade de préparation au 1er dan devient du perfectionnement. En d’autres termes, tout ce qui est en dessous du 1er dan et cela jusqu’à son obtention est de l’ordre de l’apprentissage du minimum à ACQUERIR pour entrevoir un perfectionnement.

Dans ce cas, le perfectionnement commence une fois le 1er dan ACQUIS. Conséquence : Une question de type « perfectionnement des Pommsae de base » n’a de sens que si l’élève est au minimum 1er dan.

Enjeux pédagogiques : Selon le principe traditionnel que traduit normalement le programme de passage des Dan, le Kirougui par exemple, retenu comme assaut conventionnel au passage du 1 er Dan, n’est pas un outil de perfectionnement. Etc…