Génériques


Perfectionnement de la stabilité

Qu’est ce que la stabilité?

Définition : Caractéristique d’un système en état d’équilibre stable (cf/dico).

La stabilité s’oppose en conséquence à l’instabilité : Caractéristique d’un système en état d’équilibre instable (CQFD). Ce thème admet l’idée
selon laquelle la stabilité est une problématique fondamentale dans la pratique des sports de combat et arts martiaux. Elle fait appel à la notion
d’équilibre.

La notion de stabilité en taekwondo sous entend intuitivement la gestion des principes d’action mécaniques propres aux maintient d’un équilibre
stable lors de la réalisation de techniques.

Si le corps est constitué d’un ensemble d’éléments mobiles et dépendants (articulations) pouvant se déformer volontairement ou pas, l’acception
biomécanique n’est pas le seul domaine d’étude de la gestion de l’équilibre.

Etude biomécanique

On considère qu’un corps est en équilibre à partir du moment où il ne tombe pas – Il sera d’autant plus stable que les forces nécessaire à le déséquilibrer seront importantes.

Etre en équilibre c’est satisfaire la loi physique suivante : « La projection orthogonale (perpendiculaire) et verticale du centre de gravité se situe
dans le polygone de sustentation (Surface décrite par les points appuis) ».

La stabilité sera d’autant plus grande que :

  1. la projection orthogonale (perpendiculaire et verticale) du centre de gravité se situera au centre du polygone de sustentation.
  2. Le centre de gravité (point de convergence de toutes les masses) sera proche du polygone (« moment des forces » plus faible).
  3. Le polygone sera grand et stable (rigide)

 

Etude des positions en taekwondo

L’exemple de la position Ap goubi sogui entre autre, met en évidence le principe de recherche de stabilité, par :

  1. l’augmentation de la surface d’appui au sol (polygone de sustentation)
  2. Les pieds s’écartent, le polygone augmente.
  3. le placement du corps (droit) situe le centre de gravité du corps à l’aplomb et le plus au centre possible du polygone de sustentation.
  4. la réduction de la distance qui sépare le centre de graviter du sol (flexion de la jambe avant).

Ces 3 éléments sont la résultante d’une recherche de stabilité. Mais toutes les positions en taekwondo ne peuvent pas répondre de façons optimales à ces exigences, du fait de la valeur tactique des techniques. La recherche de mobilité imposera une mise en déséquilibre rapide par exemple. Le déplacement participe à l’optimisation des effets de la technique (prise d’élan).

 

La gestion du couple de force: Action Réaction

 

A partir du moment où les forces en présence s’annulent, le système est stable (en équilibre). Il sera d’autant plus stable que les forces nécessaires pour le déséquilibrer devront être importantes.

Ce couple de force ACTION-REACTION explique la nature même de la mécanique des techniques en taekwondo.

  1. Figure 1 : À partir du moment où le corps est rigide la force de réaction à l’impact a lieu au niveau du sol sur le pied arrière (flèche rouge).
  2. Figure 2 : Le corps est un ensemble d’éléments rigides (les os) mobiles les uns par rapports aux autres (articulations). Si la cohésion de l’ensemble n’est pas maintenu au moment de l’impact par l’alignement mécanique des os (ex : fémur tibia aligné) et le verrouillage des articulation par la tension musculaire (chaînes cinétiques), la force de réaction va se produire en partie, ailleurs que dans le sol.
  3. La conséquence est simple : Le corps se déforme, le centre de gravité se déplace et peut sortir du polygone de sustentation : c’est le déséquilibre (Figure 3).

Par l’exécution d’une technique dans le vide, le pratiquant ne vit pas l’expérience de l’action réaction.

Bio mécaniquement parlant l’équilibre est la finalité du contrôle postural. La posture est la position de l’ensemble des segments corporels à un moment donné. Le système vestibulaire assure la stabilité de la posture et la stabilisation de la perception visuelle.

Etude biologique

Les « capteurs » détecteurs de la position sont : la vision, le labyrinthe (oreille), les récepteurs proprioceptifs musculaires, articulaires et la
plante des pieds (notamment la pression cutanée plantaire exercée par le poids du corps). L’ensemble permet la connaissance du schéma corporel postural : perception de la géométrie du corps, dynamique des différents segments, dynamique des points d’appui.

Les réactions posturales pour le contrôle de l’équilibre ont un but essentiel : Maintenir le centre de gravité à l’intérieur du polygone de sustentation.

Remarque : Le centre de gravité en position debout, est TOUJOURS 6 à 8 cm en avant de l’axe des chevilles sur une surface très restreinte (polygone de sustentation), inférieure à 2 cm de diamètre lorsque les pieds sont joints . Le corps est donc naturellement légèrement penché en avant.

« Les synergies motrices sont toutes précédées de légers mouvements d’anticipation qui permettent en fait à la posture d’être réorganisée à l’avance».
(cf/A.Bertoz « Le sens du mouvement »)

La création d’automatismes d’actions dynamiques en taekwondo est souvent mise en arrière plan au profit de l’étude de la stabilité des positions en situation statique. L’anticipation des postures à venir est des composants intrinsèques à la technique en générale. (Voir le discours sur
la technique; rubrique « Théorie de l’apprentissage »)

En d’autres termes, ce n’est plus seulement d’équilibre dont on parle, cad des caractéristiques posturales de l’état final d’une technique mais
d’équilibration : Ensemble des phénomènes physiques qui interviennent dans un déplacement par exemple – Le corps passe par des phases d’équilibre certes mais aussi par des phases de déséquilibre gérés et anticipés au point ou la résultante globale admet que le système est stable (pas de chute par exemple) – La nature dynamique de la motricité spécifique en taekwondo (et dans les autres activités aussi) n’est pas seulement le résultat d’une observation et d’une interprétation des équilibres statique (à l’arrêt) : le déséquilibre a une valeur pédagogique d’aide à l’éducation et au développement de l’équilibre.

Perfectionnement de la stabilité

Tous les domaines de réflexion décrits au dessus peuvent être sujet à éducation ou perfectionnement. En résumé, le principe de stabilité en terme de gestion des positions peut s’exercer à travers :
Les aspects bios informationnels :

  • développement du schéma corporel (perception motrice)
  • géométrie posturale intuitive (connaissance du corps propre)
  • représentation spatiale
  • stratégie de repérage
  • perception proprioceptive
  • Optimisation de l’état de tension musculaire (Psychomotricité) –> récepteur tendineux

Les aspects affectifs :

  • rôle des émotions dans la gestion de l’équilibre
  • Le stress
  • la fatigue physique et intellectuelle
  • Baisse de vigilance
  • perception motrice erronée —> entorses

Les aspects biomécaniques :

  • Connaissance des aspects mécaniques des techniques
  • Le renforcement musculaire (résistance des chaînes cinétiques)
  • La gestion du principe d’action réaction (gestion de l’impact)
  • La gestion du déséquilibre (dynamique des déplacements- équilibration – rythme, vitesse…)

Comme vous l’avez certainement remarqué, lorsque l’on entend parler de stabilité en taekwondo, tout le monde s’applique à ne mettre en évidence que les aspects purement biomécaniques des techniques (en vert). De plus la capacité de maintient de l’équilibre et donc d’être stable à travers une position dépend beaucoup du degré de développement psychomoteur du pratiquant. Vous aurez beau faire admettre à un groupe d’élève l’utilité de fléchir la jambe avant pour être bas et donc stable, si la moitié du groupe a mal au dos au bout de 6 mois, peut-être aurait-il fallut travailler la stabilité autrement?

En conséquence, pour perfectionner la stabilité dans le domaine du taekwondo, il ne suffit pas seulement de traiter le sujet sur le plan biomécaniques mais en explorant aussi les autres domaines : bio-informationnellle et affective.

 

Amélioration de la vitesse d’exécution

Que l’on se situe du point de vue de l’attaquant qui cherche une opportunité ou du défenseur qui tente de prévoir le moment et le type de l’attaque, les composantes tactiques du combat sont indissociables du principe de vitesse.

L’étude des composantes de la vitesse intègre d’une part la vitesse du mouvement en terme de la rapidité d’exécution (pôle technique) et d’autre part la vitesse de réaction (pôle tactique).

La vitesse de réaction

La vitesse de réaction est le temps mis entre le signal déclencheur de l’action et la réalisation finale de la tâche projetée (elle englobe la
vitesse de mouvement). Les temps de réaction simples (sans anticipation) sont de l’ordre de 240 ms (0.240 secondes) (Cf/Schmidt et Gordon, 1977),  cependant :

  1. La complexité de la tâche à accomplir
  2. Le délai de réponse (vitesse d’exécution adverse)
  3. le nombre d’alternatives possibles (gamme tactique)
  4. l’incertitude liée aux signaux (confusion, feintes, etc)
  5. l’état des récepteurs (visuels par exemple)
  6. les conditions environnementales (bruit, chaleurs, etc.)
  7. la fatigue
  8. la vigilance
  9. la concentration
  10. le degré d’acceptation du contact (Très limitant en taekwondo, à éduquer chez les enfants et les débutants)
  11. la motivation
  12. le niveau d’expertise (l’expérience)
  13. la qualité de préparation à l’action (capacité de vitesse propre du sujet)

Sont autant de paramètres favorisants ou limitants la vitesse de réaction.

L’association de ces paramètres ne permettrait pas l’émission d’une réponse optimale au regard des délais impartis par la relation d’opposition si
les combattants ne s’appuyaient pas sur le principe d’anticipation.

L’anticipation

L’anticipation permet un gain de temps par un choix prédictif de la réponse motrice qui semble la plus appropriée (le combattant fait appel à ses
automatismes – mémorisation préalable des réponses —-> entraînement). L’expérience de l’individu joue un rôle primordial pour réduire ce délai de réponse.

Anticiper, c’est prédire et donc décider à partir d’information n’étant pas encore vérifiée de la réponse à émettre (vous n’attendez pas qu’il
pleuve pour prendre votre parapluie par exemple). La prise d’information s’appuie sur l’observation d’indices prédictifs permettant de court circuiter l’étape de la sélection de la réponse. La programmation de l’action est basée sur des références mémorisées, à partir d’une identification partielle et donc précoce de l’information : Le combat n’est pas un jeu d’échec où chaque partenaire décide de sa réponse après déplacement des pièces adverses.

Cependant, si l’anticipation permet un gain de temps, elle augmente l’incertitude sur le résultat (cf/la météo par exemple) : L’estimation des
probabilités faite au départ de l’action peut s’avérer ne pas être bonne. Plus l’anticipation est précoce plus l’incertitude sur la qualité de la réponse augmente.

« L’anticipation s’effectue sur un choix réfléchi en fonction de la situation et de l’expérience de l’individu » (cf/ Schmidt : 1988).

Analyse :

Une tâche réalisée avec anticipation dure environ de 152 ms (0.152 seconde) soit un gain de presque 1 dixième seconde sur le temps de réaction non anticipé (Cf/Schmidt et Gordon, 1977). Cependant, si l’anticipation ne s’appuie pas sur la bonne information, on enregistre une perte de temps pour reprogrammer la réponse et pour finalement obtenir un temps plus long et supérieur au temps de réaction sans anticipation.

A ceci, il faut ajouter le conflit « vitesse – précision » (cf/ Keller, Goetz, Hennmam : 1987) : « Plus le temps d’exposition du stimulus est court (la cible), plus le délais de réponse est faible, plus la précision de la réponse diminue et inversement ».
La capacité de décodage des informations pertinentes est un facteur essentiel pour anticiper. »La capacité de désinformation est une valeur tactique »

Remarque : L’anticipation, une capacité qui doit s’éduquer : Imaginez les répercutions éducative d’un tel enseignement. , si le taekwondo et le sport en général véhicule des valeurs comme on le prétend, ce n’est pas seulement le taekwondoiste que je cherche à former mais aussi l’individu. Que mes élèves apprennent à réagir 1 dixième de secondes plus tôt pour contrer un adversaire est une chose mais que le développement de cette capacité d’anticipation leur permet un jour, de freiner au volant de leur voiture 1 mètre 20 plus tôt en ville, en est une autre et pas des moindres.

La vitesse de mouvement

La vitesse de mouvement comporte sur le plan théorique, trois phases essentielles :

  1. L’accélération
  2. Le maintien de la vitesse pure
  3. La décélération

Si le maintien de la vitesse pure n’entre pas vraiment en ligne de compte dans les paramètres de vitesse des mouvements en taekwondo, l’accélération et la décélération en sont par contre les éléments essentiels.

  • Par accélération nous entendons en taekwondo le terme d’explosion : Les distances d’accélération consistant à déplacer le corps et ses membres à proximité de la cible sont très courtes et dépendent aussi du statut du combattant : attaquant (celui qui avance) ou défenseur (qui contre sur place par exemple)
  • Par décélération nous admettons la capacité du combattant à changer de direction ou à stopper ses actions (contrôle). Les vitesses nécessaires à la réalisation de techniques efficaces et tactiquement efficiences posent toute la problématique du CONTRÔLE de l’action en cours de réalisation. Si le poomsés permet un contrôle de l’action en cours de réalisation (pas de pression événementielle), en combat, la compression du délais de réponses et le conflit « vitesse précision » met en évidence la problématique de gestion des COÏNCIDENCES : Anticipation prédictive de la zone de rencontre entre les poings, les pieds… et la cible. Si cette zone est facilement identifiable (prédictive) dans les assauts conventionnels à l’exception du Se bon kyeurougui et Han bon kyeurougui, la coïncidence niveau 0 est rare. Il faudrait pour cela agir sur un adversaire immobile qui ne réagit pas, ce qui est possible dans certains cas d’attaques très rapides ou anticipées sur les contres pieds par exemple.

La vitesse de mouvement est dépendante de :

  • La prédominance génétique du type de fibres musculaires (fibres rapides)
  • La capacité de force : Force et vitesse sont les composantes de la puissance. Plus les masses à transférer sont importantes, plus l’énergie nécessaire à les déplacer rapidement le sera aussi. L’augmentation de la section transversale du muscle permet un recrutement plus important par unité de temps, du nombre de ponts « d’actine myosine ».
  • La quantité des réserves d’énergie (phosphocréatine) et de l’activité enzymatique.
  • La coopération intermusculaire des chaînes agonistes (chaîne musculaire responsable du mouvement) optimise la force (exemple : ne pas frapper seulement par extension du bras – accélérer le geste par le travail des hanches) – il n’y a pas qu’un seul muscle qui travaille en général mais une chaîne de muscles (chaîne cinétique).
  • La coordination intermusculaire entre chaînes musculaires agonistes et chaînes musculaires antagonistes, cad les muscles « opposés » à la réalisation du mouvement (les muscles freinateurs de l’extension d’un membre sont les muscles flexeurs de ce membre —> relâchement nécessaire des antagonistes = coordination neuromusculaire).
  • L’élasticité : L’étirement et le relâchement du muscle favorise l’amplitude gestuelle et de surcroît les caractéristiques de coopération et de coordination des chaînes musculaires.
  • Le stress : augmente la tension basale du muscle et en limite les caractéristiques élastiques.
  • L’échauffement – diminue les frottements internes (La chaleur diminue la viscosité des membranes) :
    • favorise l’élasticité
    • Augmente la capacité d’étirement du muscle
    • optimise la réactivité du système nerveux.
  • La fatigue musculaire par l’augmentation de la concentration d’acide lactique dans le sang se caractérise par une dégradation du guidage moteur (inhibition neuromusculaire : les gestes sont moins précis et plus lents).

L’endurance de vitesse

L’endurance de vitesse permet la répétition d’actions coordonnées à vitesse maximale. Elle dépend de :

  1. La résistance à la fatigue
    • recul du seuil de production d’acide lactique (acidose)
    • capacité de récupération (capacité anaérobie alactique et lactique)
  2. Le rendement technique (voir discours sur la technique, rubrique « théorie de l’apprentissage »)

Exemple :

Préambule : le combattant doit développer sa vision centrale et périphérique nécessaire à la prise d’informations sur les positions des adversaires.
En conséquence, il est intéressant que les signaux déclencheurs ne soient pas seulement globaux c’est à dire du genre « Lorsque l’adversaire avance, etc…), mais basés aussi sur des changements de position de bras, sur un mouvement arrière, sur le temps de suspension en pliométrie ,etc…

Vitesse de réaction (plan de travail) :

Travail à base d’exercices de départ et de réaction à partir de positions différentes :

  1. Gestion de la pression événementielle et temporelle
    • diminution de la durée des signaux (auditif et visuel)
    • augmentation du niveau d’incertitude
    • augmentation de la vitesse d’action
    • Le Han bon kyeurougui à théme Exemple : Par 2 face à face, X tend son bras vers Y en tenant un morceau de ceinture qui pend. Y est en garde, à une distance qui ne nécessitera pas de déplacement pour attraper le morceau de ceinture. Au signal de l’enseignant, Y devra attraper le morceaux de ceinture sous la forme d’un Mom tong baro jileugui, X devra retirer son bras avant. Puis même exercice mais sans signal de l’enseignant : X retire son bras lorsqu’il le désire, etc…

Vitesse de mouvement et endurance de vitesse (plan de travail) 

Les séances de travail de vitesse de mouvement peuvent inclure :

  1. un entraînement technique sur le plan qualitatif (rendement moteur)
  2. Un entraînement pliométrique
  3. un entraînement à la musculation et plus particulièrement un renforcement des qualités de :
    • force pure – de 80% à 100% de la charge maxi : nbre de répétition 3 à 4 – 4 à 5 séries – 5 minute de récupération entre chaque série.
    • puissance – 60% à 80% de la charge maxi – nbre de répétition 8 à 12 – 4 à 5 séries – 2 à 3 minutes de récupération entre chaque série.
    • Endurance de Vitesse – 40% à 60% de la charge maxi – nbre de répétition 12 à 16 – 4 à 5 séries – 1 minute de récupération entre chaque série.
    • Remarque : La charge maxi est la charge que vous ne pouvez pas soulever plus de 10 fois (il faut la calculer pour chaque atelier). Je conseille une approche globale au niveau de tout le corps pendant au moins 3 à 4 mois à raison de 2 séances par semaine (1 séance bras / 1 séance jambes – abdos systématique) puis un travail plus en spécifique (cad en exécutant des gestes qui se rapprochent du geste technique) 1 à 2 mois avant les compétitions et durant la période de compétition.

    Exemple d’un plan type de séance de musculation globale en taekwondo : (réaliser 4 à 5 séries)

    • Séance 1 : Travail des bras (Etirement 10 minutes)
      • 1 série = Développé couché (W en puissance) + biceps (W en puissance) + dorsaux et ceinture scapulaire (w en puissance) + 50 ados.
    • Séance 2 : Travail des jambes (Etirement 10 minutes)
      • 1 série = 1/2 squat (W en force pure) + squat mollet (W en force pur) + ischios (W en puissance) + quadriceps sur presse (Travail en puissance) + 50 abdos.

    Exemple d’un plan type de séance de musculation spécifique en taekwondo : (réaliser 4 à 5 séries)

    • Séance 1 : Travail des bras (Etirement 10 minutes)
      • 1 série = Mom tong baro jileugui avec charge sous forme d’un bracelet, d’une petite barre manuelle ou d’un élastique (W en vitesse) + idem mais dans le sens retour (travail du biceps : antagoniste) + dorsaux et ceinture scapulaire (w en puissance) + 80 ados.
    • Séance 2 : Travail des jambes (pliométrique)
      • 1 série = Multibonds pieds joints au dessus d’un banc avec ou sans gilet lesté (10 à 15) + laisser tombé d’un banc avec rebond du sol sur autre banc (10 à 15) + la chaise contre un mur, genoux à l’équerre, une barre de 10 kilos sur les cuisses (1’30 à 2 minutes) + ischios (w en puissance) + 80 abdos.

      Remarque : Il existe d’autres formes de travail. La plus adaptée consiste à prendre en considération vos lacunes mais surtout votre morphologie et vos
      aptitudes. En d’autres termes ce qui est décrit au dessus représente simplement un exemple.

      Endurance de vitesse (plan de travail) :

      Travail en séquences fractionnées sur des gestes précis ultra rapides d’une durée de 10 à 15 secondes entrecoupées de 10 à 15 secondes de récupération (travail en 15*15) – Réaliser plus de 10 séries – récupération semie-active (s’étirer) .

      Attention, ce sont des exercices choquants à ne pas faire pratiquer à des non entraînés. Je conseille cet exercice aux élèves pratiquants déjà plus de 30 minutes de footing par semaine. (Adaptation cardio-vasculaire aux efforts brutaux fortement conseillé)

 

Préparation à une compétition Poomsés

Au fils des thèmes développés dans cette rubrique, nous avons abordés les notions de perfectionnement, d’enchaînement, d’assauts conventionnel, de stabilité puis de vitesse d’exécution. La somme de ces informations nous éclaire un peu plus sur les différentes possibilités qui s’offrent à l’enseignant pour former ses élèves.

Au delà des considérations abordées dans ce site sur le plan de la légitimité ou non de la compétition en générale et de la compétition poomsés en particulier, la notion de préparation à la compétition est un sujet relativement vaste par rapport auquel vous pouvez commencer par vous faire une idée en visitant notre rubrique « Préparation physique ».

Si réglementairement la compétition est accéssible à partir de la 2ème licence, le niveau d’exigence imposé diminue d’autant plus les chances du
compétiteur s’il n’est pas de plus en plus précocement préparé.

Par le terme de préparation à la compétition, nous ne cernons pas seulement les 2 à 3 semaines ou les derniers entraînements avant échéance. La préparation à la compétition s’intègre généralement dans un programme d’une durée minimal d’1 an (vraiment minimal!!).

Nous nous intéresserons dans ce thème à la préparation de compétiteurs de tout rang (départementaus, régionaux, nationaux). Cependant, lorsque l’on parle de compétitions départementales ou régionales, ce n’est seulement aux futurs prétendants au trône national que l’on s’adresse, mais aussi à toute la masse des perdants. A ce sujet vous pouvez lire l’article présent sur ce site « Plaidoyer pour les perdants ».

Le dopage

Grand sujet d’actualité, nous avons encore récemment vu que même les membres d’un staff médical peuvent se tromper et mettre en fâcheuse position des sportifs dont l’image restera salit par le doute. Le dopage, on en parle beaucoup mais que savons nous réellement sur le sujet?
Il nous arrive tous d’attraper un petit rhume, etc… et sur recommandation de notre médecin de prendre à priori un traitement anodin. Cependant, il est de votre ressort d’avertir le médecin de la proximité d’une compétition qu’elle soit de niveau départementale, régionale ou nationale.

Selon la loi, tout sportif peut être contrôlé sur son lieu d’entraînement. Ceci est d’autant plus vrai qu’il est inscrit sur la liste des athlètes de haut niveau (même espoir) – Cependant, il y a une différence à faire entre les nécessités thérapeutiques et la notion de dopage. Lorsque le cas se présente, il existe des solutions pour protéger le sportif de tout contrôle pouvant le déclarer comme doper.

Je m’explique : C’est le ministère des sports par le biais de ses directions régionales qui est chargé d’effectuer les contrôles inopinés. Mais sa vocation première n’est pas de sanctionner (c’est à la fédération de le faire), elle est d’informer et d’aider. Lorsqu’un compétiteur souffre d’une quelconque affection ne lui contre indiquant pas la pratique de la compétition, mais lui imposant la prise régulière de médicaments ou de traitement à base de produit déclarés dopant (Hormones de croissance par exemple) , il est possible de constituer, avec le médecin de ligue qui entrera en contact avec le médecin officiel de la commission médicale de la direction régionale des sports (ex jeunesse et sport), un dossier médical permettant de mettre cet élève à l’abri de toute accusation de dopage. Pour cela, il suffit simplement de rentrer en contact avec le médecin de votre ligue qui prendra normalement en main la procédure – Il faut savoir que cette démarche n’est en aucune manière contraignante pour l’enseignant puisqu’au delà de cette prise de contact, la procédure ne vous concerne plus (dans le sens où l’on ne vous demandera pas de participer à la constitution du dossier. Cependant, cela ne vous empêche pas d’être tenu au courant. Choses que ne manqueront pas de faire le médecin de ligue ou le médecin régional ou tout simplement l’élève ou sa famille, tout ceci bien évidemment dans le respect du secret médical).

Cette procédure protégera par exemple, les élèves de type minimes, traités aux hormones de croissance, mais aussi les asthmatiques, etc… Ceci sont des exemples afin de vous permettre d’entrevoir les différents domaines concernés par l’utilité de cette démarche. Cependant, comprenons nous bien : L’objectif est de cerner la problématique personnelle de l’élève sur le plan de la dialectique « traitement médical thérapeutique/dopage ». Les conclusions peuvent être restrictives au point d’interdire officiellement l’accès à la compétition certes, mais sachez que tout est fait pour qu’un compromis soit trouvé afin de permette à l’élève de continuer d’évoluer même à un niveau moindre (seulement régional) mais le protégeant de toute interdiction temporaire ou définitive par sanction (ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses sur le plan psychologique —–> dramatisation d’une affection déjà perturbante à la base). En tant qu’enseignant ou futur enseignant, il est de votre devoir de protéger et d’informer vos élèves.

La préparation technique

Généralement, le candidat est attendu sur cette partie mais c’est une erreur : Quels contenus en terme de préparation à une compétition semblent pertinents?
Le choix des poomsés : Au moins une chose est sûre : Ce n’est pas à 2 semaines d’une compétition que l’on finit d’apprendre un poomsé. Je dirais même que les poomsés supposés faire parties de la batterie tactique du compétiteur doivent avoir au minimum quelques mois voir quelques années d’ancienneté. Ce que l’entraîneur enseigne comme poomsés durant une saison servira en compétition la saison d’après (la 2ème licence).
Lorsque je dis « finit d’apprendre un poomsé », je sous entend à la fois la connaissance purement technique sur le plan des enchaînements que de la connaissance de l’applications (en théorie). Mais, c’est là que se situe l’ambiguïté des normes d’évaluation. Le règlement dit : « Compréhension des techniques utilisées (applications) ». Je sais que ce que je vais écrire, risque de m’attirer des critiques mais je voudrais bien savoir comment on fait pour évaluer une application sans le faire?

L’élève peut mimer une attitude, faire semblant d’être dedans, etc. Parce que, quitte à observer un règlement, on peut aussi marquer des buts avec les mains tant que l’arbitre ne le voit pas. Je veux dire par là que la compétition ne concerne pas seulement les adultes mais aussi les pitchounets des catégories poussins par exemple pour qui psycholoquement parlant il est encore un peu tôt (et c’est rien de le dire) pour parler de projection mentale (voir « théorie de l’apprentissage » développement ontogénétique de l’intelligence).

En conclusion, une bonne préparation technique pour les enfants consiste à les laisser singer « Ken le survivant » ou « les forces transmutantes hyper comiques trucmuch des pokémons » et cela dans le but de leurrer les arbitres se basant réglementairement sur l’observation d’attitudes virtuelles et impossibles à attribuer à des enfants. Je vois d’ici certains me dire : « Mais moi, j’ai des enfants, ils sont super sérieux lorsqu’ils font leur poomsés, ils sont dedans ». A ceci, je réponds « Soyons sérieux, arrêtons de prétendre vouloir atteindre des objectifs inappropriés ». Pour ma part je considère que la compétition poomsé enfant est une aberration qui a pour unique but de promouvoir la disciple en se réduisant la compétition enfant à un vaste centre de détection de l’élite. Et pourquoi sont-elles si populaires chez les enfants? Parce qu’à défaut d’avoir d’autres types de formules, elle représentait jusqu’à présent la seule compétition que l’on pouvait proposer aux enfants.

Alors que les aspects techniques du poomsé sont supposés acquis et éprouvés en terme d’équilibre, de rythme, de contrôle de la respiration… bref, de toutes ses caractéristiques propres, la préparation à une compétition ne devrait en théorie souffrir d’aucune préparation spécifique sur le plan technique puisque l’enseignement du poomsé s’inscrit déjà dans une logique parallèle : les grades. En conséquence, un enseignant qui édicte clairement auprès de ses élèves les niveaux d’exigences et les contenus attendus par grades peut situer la pratique de la compétition à un stade donné de cette évolution.

La préparation individuelle

En théorie, lors d’une compétition, ce n’est pas le poomsés qui est évalué mais le compétiteur : Comment le compétiteur met-il en valeur le poomsé ? Telle est la question que se pose normalement un arbitre. Sur le plan technique, un poomsé reste un enchaînement sensé représenter un combat réel contre des adversaires imaginaires. Un travail sur respect des techniques, le diagramme et toutes les composantes gestuelles et posturales ne sont pas du domaine de la préparation à la compétition, elle de l’ordre de l’apprentissage du poomsé. C’est le grade qui doit être utilisé pour évaluer ce niveau chez l’élève et pas la compétition. Cependant, si un adulte est susceptible de connaître et de produire un poomsé avec un minimum de défauts voir aucun, un enfant quant à lui, sera toujours confronter à la production d’erreurs (les poomsés de bases sont sensés être en cours d’acquisition jusqu’au 1er dan).

Depuis toujours, la compétition poomsés enfant et ados en imposant un niveau d’expertise trop élevé, réduit l’évaluation des compétiteurs à la comparaison des erreurs liées à leur méconnaissance du poomsés (en cours d’acquisition) et surtout à leur écart de maturité sur le plan des aptitudes physiques et intellectuelles – Introduire un enfant dans un processus d’évaluation de ses erreurs autre que le grade, c’est prendre le risque de désavouer l’enseignant en faisant perdre son élève contre un autre compétiteur moins gradé : Ceci pose toute la problématique de l’harmonisation des ceintures de couleur sur le plan national (le système du classement serait plus efficace, comme en tennis par exemple). La différence de niveau devrait être évaluée sur le plan de la différences des aptitudes physiques et intellectuelles matures de l’individu. Ceci commence à être vrai au niveau national à partir des catégorie cadet (voir peut-être minime). Dans l’intervalle, au niveau départemental et régional et essentiellement pour les enfants d’autres types de formules de compétition techniques devrait être mise en place, plutôt que de renforcer le niveau d’exigence.

 

Quelles sont les aptitudes physiques et intellectuelles requises en compétition poomsés?

La résistance au stress

C’est aussi l’une des vocations 1er de la compétition : Hyperdécontextualiser les situation d’apprentissage afin d’en vérifier la qualité et surtout vivre l’expérience du stress afin de le contrôler. L’un de mes exercices préférés consiste à faire faire les poomsés dans un bruit de fond n’enviant rien à un concert des rolling stone. L’intégration de paramètre désorganisateur est sur le plan intellectuel un outils très intéressant pour préparer l’élève à une compétition (stress et concentration ne font pas bon ménage). Dans le même ordre d’idée, je fais faire le poomsé en individuel et en équipe (il ne faut pas oublier cet aspect là de la préparation) en demandant aux élèves de réussir à faire abstraction de leurs camarades qui alors s’amusent à marcher à coté ou devant eux tout en parlant, faisant des grimaces pour les perturber mais en ne les gênant en rien dans la réalisation technique du poomsés (le diagramme) – je vais même à demander à ceux qui perturbent, de jouer les « Tchong » en s’interposant à n’importe quel moment du poomsé par la mise à l’épreuve du applications : Le poomsé dans tous les cas ne devra pas être perturbé, c’est l’individu ou l’équipe que l’on cherche à perturber.

La résistance à la fatigue

Un poomsé dure en moyenne 1 à 1 minute 30 (environ). La capacité à maintenir un rythme soutenu dans l’exécution d’un poomsés vient en partie de la capacité à résister contre la fatigue qui s’y installe. Nous ne sommes pas dans les filières aérobie certes mais si la capacité d’endurance permet dans un 1er temps de résister contre la fatigue des entraînements, elle aura pour 2è objectif d’optimiser les temps de récupération qui diminueront d’autant plus que l’on se rapprochera des phases finales. Les simulateurs d’effort à l’approche des périodes de compétitions devront progressivement remplacer un travail de fond : D’un footing de 30 minutes à 1h, 2 fois par semaine, le compétiteur doit progressivement passer au maintien d’un footing + 1 séance d’intervalle training de type : 7 à 10 fois 2 minutes de course à vitesse très soutenue avec 3 puis progressivement 1 minutes 30 de récupération entre chaque séries. Je parle bien sur d’un public âgé au moins de 14-15 ans. Ce travail ne concerne pas les enfants.

La préparation technique spécifique

Quelle différence j’opère entre préparation technique spécifique, apprentissage technique et développement des aptitudes physiques? Lorsque j’ai développé le concept de perfectionnement, j’ai particulièrement insisté sur les aspects individuels propres à l’élève au regard de ses aptitudes à optimiser les effets d’une technique. Nous partons du principe que la technique est acquise et comme nous l’avons vu ceci n’est pas vrai avec les enfants, mais au delà d’un niveau de réalisation technique acceptable voir même pratiquement parfait (selon le niveau de compétition), l’élève qui sautera plus haut, accélérera plus vite ses techniques, décélérera plus rapidement éprouvant ainsi sa stabilité, etc… sera celui qui fera la différence.

A ce stade, les astuces sont nombreuses et les enseignants confirmés ont à leur disposition un ensemble de stratégie dont voici quelques exemples :
La vidéo : Nous savons de ce point de vue qu’un travail en feedback (en retour) est efficace si l’écart de temps entre la réalisation et le feedback (le visionnage de la vidéo) est faible. Pour un travail en équipe sur le plan de la synchronisation, une fois que le compétiteur de tête est désigné, il est très intéressant de faire une vidéo uniquement de ce combattant là et de donner la cassette aux 2 autres. Les intérêts de cette méthode sont multiples : seuls 2 compétiteurs sur 3 auront à se synchroniser sur un seul et unique rythme et tempo. Les compétiteurs peuvent intérioriser ce travail en dehors des séances d’entraînement (chez eux au calme). L’absence de l’un à l’entraînement ne sanctionne pas le travail des 2 autres.
Le renforcement musculaire spécifique ou le geste technique comme support de développement des aptitudes du compétiteur. Un simple élastique accroché à un mur peut suffire. Ainsi, chaque geste du poomsé peut être décomposé en mouvement à renforcer sur le plan musculaire. 2 types de travail sont conseillés :

  • Travail d’endurance de vitesse : 40 à 60% de sa force maximale : 12 à 16 répétition (1 minutes de récupération en chaque série).
  • Travail de puissance : 60 à 80% de sa force maximale : 8 à 12 répétition (2 à 3 minutes de récupération entre chaque série).
  • Optimisation des automatismes de productions d’éléments de liaison complexes ou acrobatiques : Le but n’est pas de travailler la technique au sens stricte.

Bien qu’un affinement sur le placement du petit orteil sera toujours le bien venu, mais il s’agit plus d’optimiser la réalisation d’un geste technique en s’appuyant sur les aptitudes du compétiteur.

Exemple : Un poomsé comme Pal jang nécessite des capacités physiques permettant une prise d’envol sans élan. Si les capacités pliométriques ne sont pas mises en jeu de façon évidente, c’est pourtant la puissance explosive des jambes qui va permettre de propulser le compétiteur. Un travail sur la spécifité du coup de pied sauté en fin de poomsé peut se faire grâce à un aménagement matériel simple : Réaliser la technique juste après avoir soulevé une charge maximale 3 à 4 fois en 1/2 squat (préparer le matériel en bordure de tapis). L’objectif recherché est de performer l’envol permettant ainsi au compétiteur de prendre plus de risque dans l’exécution de sa technique. Même si le travail en 1/2 squat rejoint les objectifs du paragraphe précédent, dans ce cas bien précis, le but est de leurrer le corps en lui imposant une charge temporaire afin que la propulsion sans charge créée des effets inattendus et amplifiés permettant au compétiteur de fixer son attention sur la problématique d’équilibration du coup de pied. Tous ces thèmes de travail s’articulent autour d’un thème centrale qui reste la répétition massive du poomsé ou des poomsés en individuel ou par équipe. Pour terminer, il est clair qu’il existe d’autres formes de travail, que la finition technique sera malgré tout un axe de travail important pour la très grande majorité des compétiteurs (confusion des méthodes). A ceci, il ne faut pas oublier la préparation du Applications des phases finales en équipe : Ceci constitue en soi, une très bonne manière d’aborder le sujet si le thème proposé est celui-ci.