Assauts conventionnels


Etude des assauts conventionnels

Par assauts conventionnels, on entend les Sebon kyeurougui et Hanbon kyeurougui. Ce sont des outils d’apprentissage au combat qui dans la trame d’enseignement de la méthode traditionnelle se situent entre les applications et le combat libre.

Leur logique d’apprentissage a pour objectif l’acquisition du contre dans l’attaque et l’attaque dans l’attaque. Plus le pratiquant maîtrise un (ou plusieurs) blocage(s), plus il est en mesure de décoder l’attaque qui en résulte et plus il peut anticiper au point d’attaquer directement dans
l’intention non encore techniquement manifestée mais programmée de son adversaire (c’est l’idée du combat sans combattre- les intentions et les contres possibles sont décodés- le combat est intellectualisé – sa manifestation extérieure est inerte). Dans notre cas, nous devons étudier ce que sont les assauts conventionnels :

2 pistes de réflexion :

  • Sont-ils des outils de perfectionnement du champ applicatif des techniques (mise en application progressivement plus réelle et cernée)?
  • Sont-ils des outils que permettent d’exercer des séquences techniques sous leurs formes applicatives (donc pas seulement propre au perfectionnement, mais aussi comme outils d’apprentissage technique)?

Je dirais, les 2. Mais faites votre choix – la justification pédagogique doit s’exercer, c’est le rôle de l’enseignant.
Objectif (proposition pour un cours) – Préparation au contre.

 

Perfectionnement de l’assaut conventionnel

 

Approche didactique des assauts conventionnels

Préalable : Au fur et à mesure du traitement des thèmes sur ce site, la justification des assauts conventionnels a toujours admise
l’idée qu’ils sont des outils d’apprentissage technique ou de perfectionnement du combat selon les caractéristiques des élèves (leurs niveaux, leurs capacités, leurs connaissances, etc…).

Il est important de retenir la notion d’outil, car dans une démarche pédagogique et didactique, les assauts conventionnels ne sont pas une fin en soi, comme le laisse entendre le thème : « Perfectionnement de l’assaut … ».

L’aboutissement d’un travail s’appuyant sur les assauts conventionnels doit être la capacité de combattre en assauts non conventionnels : le combat libre. Les sebon kyeurougui et hanbon kyeurougui sont sensés être des outils au service de ce perfectionnement.

Introduction : Conventionnel : qui résulte d’une convention, ce qui est convenu tacitement d’admettre (cf/dico).

Qu’admettent tacitement les assauts conventionnels dans l’environnement de la méthode traditionnelle?

  • Que toutes techniques acquises sur le plan postural par le kibôn et le poomsé sont des techniques de combat – Bien qu’il soit possible de légitimer cette acception auprès d’un public adulte, ceci est un illogisme éducatif chez les enfants. Car l’enseignement visant à l’acquisition des critères de réalisation techniques sur le plan postural, par le kibôn et le POOMSÉS, ne sont pas en rapport avec la logique de l’activité. Seul l’enseignant sait à ce moment là (Au moment du kibôn et du Poomsé) que les techniques qu’il enseigne sont des techniques de combat (on apprenait à nager sur des tabourets il y a 100 ans).
  • Que le combat libre peut être morcelé en séquences d’actions réactions élémentaires : Ceci limite les possibilités d’apprentissage et complexifie de façon exponentielle les capacités de perfectionnement car les variables environnementales du combat libre sont telles que la quantité de séquences élémentaires permettant de toutes les identifier doit avoisiner le nombre de gouttes d’eau contenues dans tous les océans de la planète (et encore!).
  • Que l’augmentation de l’incertitude par la diminution du délais de réponse (de 5 à 3 puis 1 pas) permet une approximation réaliste des données bio informationnelles et biomécaniques du combat libre. En ce sens les assauts conventionnels sont des outils intéressants pour développer les aptitudes intellectuelles des l’élèves. Les assauts conventionnels sont des simulateurs.

Analyse des conséquences éducatives

La logique de progression des AC, Han bon kyeurougui, s’inscrit dans une logique d’adaptation des compétences du combattant. Dans le cas du kyeurougui, les combattants possèdent un nombre supérieur d’action par rapport au kyeurougui pour mettre en oeuvre la solution imposée par la situation, leur laissant ainsi un délai d’adaptation posturale par exemple.

Les applications sont-elles identifiables à des assauts conventionnels? Les applications selon son acception traditionnelle est un outil de LIAISON entre le poomsé (répertoire technique et tactique) et le combat libre. L’application est un outil d’interprétation des poomsés dans ses formes technico-tactique. Il permet une transposition des données tactiques des poomsés en séquence d’actions pouvant devenir des thèmes d’étude. En d’autres termes les séquences technico-tactiques des poomsés peuvent être traduites à travers les AC (Essentiellement à hauteur des Séries de mouvements répétés Kibon, des Matuo Kyeurougui, des Poomsés, des Kengui Kyeurougui et Se bon kyeurougui).


Tous les AC sont des enchaînements d’actions-réactions visant à l’acquisition de l’adaptabilité. Par l’acquisition dans un 1er temps puis le perfectionnement des paramètres d’opposition, le pratiquant acquiert progressivement la capacité d’anticipation (prise de décision) et les moyens techniques, tactiques et bio informationnels pour mettre en oeuvre cette capacité. La finalité est la résultante d’une adaptation optimale du combattant à la situation d’opposition, qu’elle soit libre ou pas.

Limites et perspectives

Si sur le terrain, une majorité d’enseignants utilise les assauts conventionnels, la priorité est surtout donnée au séries de mouvements répétés Sebon kyeurougui et Hanbon kyeurougui. De plus, admettre qu’un travail sur 1et 3 pas est plus pertinent sur le plan pédagogique qu’un travail sur 4 et 2 pas, par exemple, reste à démontrer.
Avec l’avènement de la compétition combat et poomsés, les outils traditionnels d’enseignement sont progressivement délaissés au profit de raccourcis permettant une spécialisation plus précoce. Ainsi, pour un élève désirant se spécialiser en poomsés, la perte de temps qu’occasionnerait le perfectionnement technique par le travail des assauts conventionnels a vu le « kyeurougui poomsé » (expression que je ne maîtrise pas) en devenir le nouveau support : A priori c’est une mise en situation répétée du diagramme technico-tactique du poomsés. De même pour les compétiteurs combat, les assauts conventionnels interprétés selon leur définition originelle, ne semblent plus être les outils privilégiés et cela pour une raison simple : la répétition de techniques identiques et d’un contre limitent le potentiel tactique des enchaînements : Le « double bandal tchagui » en quelque sorte (c’est au moins le terme le plus proche que je lui connais) est devenu l’élément central de formation des combattants : Exercices d’entrée par répétition que l’on pourrait traduire aussi sous les termes de « gammes tactiques » (Assez proche en somme du Se bon kyeurougui).

En conséquence, il serait intéressant de concevoir les assauts conventionnels d’une façon plus élargie sans pour autant les dénaturer.
Ainsi, les assauts conventionnels ne seraient pas seulement des assauts mettant en jeu 1 technique annoncée sur un nombre défini de pas, le tout finalisé par un contre, mais seraient aussi : « des enchaînements d’actions réactions codifiées » (Ce qui comprend le kyeurougui Poomsé, et les assauts conventionnels traditionnels). Remarque importante : Une action peut être un enchaînement de techniques. L’exemple de cours qui suit va tenter de vous éclairer.

Remarque importante : Dans l’exemple qui suit, j’ai délibérément choisi de déformer le principe 1er des assauts conventionnel qui consiste à
mettre 1 technique en situation sous une forme bien définie d’assauts stricts sur 3 et 1 pas. L’exercice choisi est très simple, la mise en situation
diffère certes de ce principe 1er, mais les intentions sont identiques au Sebon kyeurougui par exemple (J’adapte mes outils à un contexte plus
contemporain en quelques sorte).

De plus, il faut savoir que tout n’est pas dit dans cet article, seulement l’essentiel.

 

Application des techniques de base en combat libre

Qui dit combat libre, dit combat sans consigne et règlement (en opposition à assauts à thèmes et combat de compétition).
L’objectif du combat libre est de permettre au pratiquant d’expérimenter les aspects technico-tactiques et stratégiques de TOUS ses acquis – Sa seule limite (en théorie) : Sa connaissance sur le plan technique et tactique.

On admet logiquement que plus la connaissance technique est importante sur le plan qualitative et quantitatif plus le pratiquant a de chance de
vaincre son adversaire : la logique des arts martiaux repose sur cette acception.

« Appliquer en combat libre « , c’est aller au delà de ce que les assauts conventionnels ne permettent pas : c’est dépasser le Hanbon kyeurougui
(assaut souple et coopératif). Le combat libre est l’objectif à atteindre selon la méthode traditionnelle d’enseignement.

« Appliquer une techniques de base en combat libre » est une question qui n’est pas du domaine de l’apprentissage, ni du perfectionnement mais de l’évaluation.
Cependant, de quelle évaluation parle-t-on?

  • Celle qui a lieu avec ses partenaires d’entraînement ou de stages? avec des hommes et des femmes qui communiquent avec les mêmes valeurs (le respect du partenaire, le contrôle, etc…)
  • Ou alors, celle qui consiste à vivre l’expérience de la légitime défense.

Le combat libre Est-ce?

  • une évaluation en soi et pour soi que l’on peut vivre seulement dans le cadre d’un enseignement (Dans le dojang). Une évaluation à travers
    laquelle, le sujet peut remettre en cause ses lacunes, afin de l’amener à réintroduire ces techniques dans la trame d’apprentissage pour en
    améliorer les nuances qui en freinent la parfaite réalisation —- > feed back. (on entre dans un processus de recherche, de quête personnelle où la seule pratique du taekwondo n’est plus suffisante et amène le sujet à s’ouvrir à d’autres pratiques).
  • Ou est-ce tout simplement, un but, une quête qui ne prend un sens qu’à travers la capacité à se défendre en cas d’agression?

En somme, appliquer une ou des techniques de base en combat libre n’a pas de sens tant que nous n’en avons pas l’utilité.
Conclusion : Ceci, n’est pas une question pour futur enseignant, mais pour pratiquant.